Bringing up babies

Si l’on compte bien, entre le début des opérations fin août 2017, avec la tenue des réunions de lancement en présence des responsables projet d’ Ex Libris, et le 24 mai dernier, date du vrai go live succédant à un interminable cut over – qui ne signifie pas la fin du montage d’un film, comme le fameux final cut  hollywoodien, mais le début d’un nouveau récit documentaire -, 9 mois se seront écoulés.

Alma mater(née)

Lorsque l’enfant parut, le cercle de la grande famille de la BIU se garda bien de déroger à la tradition, et applaudit à grands cris. Cris redoublés, même, puisque le nourrisson, dont l’arrivée toujours différée avait valu à tout un·e chacun·e de se ronger les sangs, telle Anne se désespérant de voir  le soleil poudroyer et l’herbe verdoyer, se trouvait flanqué d’un double, plus ou moins gémellaire. Mais on n’avait que trop lanterné ! L’heure était désormais au maternage. On n’attendit donc pas que fussent poussés les premiers vagissements pour porter incontinent Alma et Primo, nos (très) chers rejetons – attardés, diront certains, quelque peu  prématurés pour d’autres, sur les font·d·s.

Baptismaux d’abord, puis documentaires.

Une venue au monde, si elle est riche en émotions, a souvent quelque chose de déstabilisateur, voire d’angoissant. Au dire de nombreux personnels, ce jour-là, la première connexion en banque d’accueil, en présence d’un·e lecteur/-trice, s’apparentait assez à un numéro d’équilibriste sans filet…

Alma et Primo, deux beaux jouets interconnectés ?

Las ! À l’impossible, nul n’est tenu, et nobody’s perfect… On pourra s’étonner, ou non, que la petite Alma ne présente pas l’ensemble des fonctionnalités attendues d’un logiciel censé envoyer Aleph aux oubliettes de l’histoire des systèmes de gestion documentaire (pas d’inscription de lecteurs extérieurs, pas de réservations, pas de quitus, entre autres sujets qui fâchent…). Mais gageons que ce ne sont là que des défauts de jeunesse, qui seront corrigés bien vite – et sont déjà en passe de l’être.

 

Laissons le mot de la fin à Victor Hugo.

L’obscurité nous craint et recule en grondant
Regardons les penseurs de l’âge précédent,
Ces héros, ces géants qu’une même âme anime,
Détachés par la mort de leur travail sublime,
Passer, les pieds poudreux et le front étoilé ;
Saluons la sueur du relais dételé* ;
Et marchons. Nous aussi, nous avons notre étape.
Le pied de l’avenir sur notre pavé frappe ;
En route !

(L’Art d’être grand-père, 1877)

En marche donc, grâce à notre nouvel SGBM, vers un avenir documentaire que l’on espère radieux !

*Notons que, à la différence notable du relais hugolien, l’équipe des formateurs relais de la BIU n’a pas, quant à elle, tout à fait dételé, puisque l’accompagnement des personnels va se poursuivre d’ici la fermeture de la BIU, et sans doute à la rentrée, par le biais de séances de formation de rattrapage et la mise à disposition de tous les tutos imaginables, voire imagés.

 

Thierry Guslevic